"Climate change: The 2015 Paris Agreement thresholds and Mediterranean basin ecosystems"

L'article :

Christian Huggel, Ivo Wallimann-Helmer, Dáithí Stone, Wolfgang Cramer (2016) Reconciling justice and attribution research to advance climate policy" Nature Climate Change , 6, 901–908, doi:10.1038/nclimate3104

a été publié.

W. Cramer (CNRS, IMBE) est le membre du bureau d'OT-Med et le responsable de l'axe de recherche 2 d'OT-Med (WP2).

Veuillez trouver ci-dessous le commentaire sur cet article par Maljean-Dubois, OT-MED et CERIC, Aix-en-Provence

15 novembre 2016 

L'Accord adopté le 12 décembre 2015 à Paris à l’issue de la COP 21 a représenté une étape très importante pour le régime international du climat. Il est la feuille de route vers la ‘décarbonation’ de nos économies. Pour la première fois, tous les grands émetteurs se sont mis d’accord pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Il reste qu’il n’y a pas eu – comme au temps du Protocole de Kyoto en 1997 – de négociation sur la répartition du « fardeau ». Ce que serait une juste et équitable répartition ne fait absolument pas consensus. C’est pourquoi l’Accord de Paris a choisi un processus inverse, ascendant : c’est aux États de déterminer nationalement ce que sera leur contribution à l’effort global, à eux de faire en sorte qu’elle soit suffisamment ambitieuse et équitable.  Aucun autre État, aucune institution internationale n’a de droit de regard sur ces choix. A Paris, même si le principe des responsabilités communes mais différenciées a été réaffirmé, le débat sur les responsabilités –sinon juridiques tout au moins politiques– a en réalité été évacué. S’agissant de la responsabilité internationale de l’État pour les dommages qu’il aurait causés, le droit international est aussi très mal outillé. L’État qui subit de tels dommages n’a guère de possibilités de mettre en cause la responsabilité du ou des États à l’origine des dommages et du coup d’en obtenir réparation. Il faut dire que, que ce soit du point de vue de la politique ou de la science, il reste difficile de déterminer les responsabilités et de les établir sur des preuves solides. Le lien de causalité entre l’augmentation ici ou là des émissions de gaz à effet de serre et telle tempête, tel ouragan est diffus et complexe. La multiplication et la gravité attendues des dommages à venir rendent toutefois plus que jamais nécessaire d’approfondir la réflexion en la matière. C’est une question de justice internationale d’une grande acuité au moment où la COP 22 réfléchit à la suite à donner au Mécanisme international de Varsovie sur les pertes et préjudices causés par les changements climatiques. D’où l’intérêt de cet article interdisciplinaire qui donne des pistes concrètes pour mieux articuler les débats sur la justice internationale avec les recherches scientifiques sur l’attribution des changements climatiques.